17 novembre 2025

Un nouveau termite débarque en France Métropolitaine !

Un nouveau termite débarque en France Métropolitaine !
Un nouveau termite débarque en France Métropolitaine !

Au cours de l’année 2025, un spécialiste de l’état parasitaire du Réseau XYLODIAG a découvert dans une habitation une infestation de termites de bois sec du genre Cryptotermes.

Quels sont les termites qui attaquent les bâtiments ?

La majorité des termites qui s’attaquent aux bâtiments en France Métropolitaine sont les termites souterrains. Ces termites qui vivent sous terre constituent des colonies qui comportent plusieurs dizaines de milliers d’individus. Il est très fréquent de constater les dégâts ou la présence de ces termites dans des ouvrages bois situés dans les bâtiments :

  • Dans les caves sur les solivages, des poutres en bois ou dans des bois entreposés au sol, …
  • Au rez-de-chaussée dans des ouvrages bois tels que les planchers, plinthes, huisseries, menuiseries, escalier, linteaux…

Les termites souterrains construisent également des galeries tunnels à l’intérieur desquelles ils peuvent circuler librement. Ces galeries se retrouvent sur tous types d’ouvrages (béton, plâtre, pierre, bois, carrelage…).

La présence et les dégâts sont moins fréquemment constatés dans des bois de charpente que dans les parties basses des bâtiments. Malgré tout, dans certains cas extrêmes, des infestations par les termites ont été identifiées au-delà du 3ème étage d’une construction.

Les termites de bois secs sont quant à eux principalement présents sur le pourtour méditerranéen. Leurs colonies ne comptent que quelques dizaines voire centaines d’individus. Elles se retrouvent généralement dans la nature (arbre sur pied, souches d’arbres…) et vivent en « vase clos ».
De part leur mode de reproduction, leur biologie et leur mode de vie, leur présence dans les bâtiments reste plutôt peu fréquente.

Une espèce de termites d’outre-mer identifiée en France Métropolitaine

S’agit-il d’une conséquence du réchauffement climatique, de l’intensification des voyages, du transport de marchandises depuis les territoires d’outre mer ?

Nous pouvons affirmer avec certitude que la présence de termites de bois secs (Cryptotermes sp) a été identifiée dans un logement du lot & Garonne en juillet 2025.

Le cas que nous vous présentons concerne une bâtisse ancienne située dans un hameau près de Sainte Livrade sur Lot.

Les époux L. travaillent tous les 2 en départements et territoires ultramarins et sont propriétaires de cette maison secondaire depuis plus de trente ans. Ils réalisent notamment 2 longs séjours à Mayotte. Le 1er de 2001 à 2005 et un 2nd de 2008 à 2012. Entre temps ils travaillent en métropole et occupent épisodiquement leur maison de campagne dans laquelle ils entreposent des meubles et des cartons au gré de leurs allers/retours.

Lors de leurs séjours dans leur maison du Lot et Garonne, les époux L. constatent à plusieurs reprises que des fourmis volantes ont essaimées sans y porter une attention particulière jusqu’à l’été 2024, période durant laquelle ils constatent que des « fourmis » sortent de la charpente et que le sol du comble aménagé est jonché d’insectes ailés noirâtres…

Les époux L. décident de contacter une entreprise de traitement qui confirme la présence de fourmis les invitant tout de même à faire réaliser un diagnostic.
A cette fin un premier diagnostiqueur immobilier se déplace et trouve les fourmis « bizarres ». Il pense plutôt à des termites mais n’est pas sûr de lui.
Un autre diagnostiqueur est appelé, lui finalement ne sait pas non plus, il oriente les propriétaires vers une société de traitement.
Cette nouvelle société de traitement identifie l’agent de dégradation comme des termites mais les époux L sont très circonspects et on peut les comprendre…

Ils contactent le Réseau XYLODIAG après avoir effectué des recherches sur internet. C’est ainsi qu’un spécialiste du Réseau a été sollicité pour intervenir afin de réaliser un état parasitaire.

Une fois sur site, l’opérateur du réseau XYLODIAG débute sa mission en inspectant le rez-de-chaussée :

  • Inspection visuelle minutieuse dans l’ensemble des locaux,
  • Réalisation de sondages par poinçonnage sur l’ensemble des ouvrages en bois,

L’intervention se poursuit dans les combles aménagés :

Lors de l’inspection visuelle minutieuse, l’attention se porte rapidement sur les bois de charpente qui laissent apparaitre de nombreuses dégradations. Le sondage des bois permet de se rendre compte que l’ensemble des bois de charpente est infesté.

La réalisation de sondages destructifs sur les bois dégradés permet :

Dans un 1er temps de constater la présence de vermoule caractéristique du termite de bois secs.

Même si le Lot et Garonne est éloignée du pourtour méditerranéen, à ce stade on pourrait s’orienter vers une infestation par du termites de bois secs (Kalotermes flavicolis) ; Inhabituel mais plusieurs cas d’infestations ont déjà été rapportés même loin de la méditerranée : Notamment des cas liés à l’importation de végétaux (Olivier en provenance du Portugal, d’Italie ou d’Espagne) ! Une entreprise du Réseau XYLODIAG a déjà identifié en Gironde (33) un cas d’infestation par du kalotermes flavicolis en juin 2011 dans un Olivier d’importation.

Dans un 2nd temps, des sondages destructifs réalisés ont permis de trouver des termites vivants !
Des ouvriers, puis des soldats. Et la, surprise !
La morphologie des individus ne correspond pas à kalotermes flavicolis, mais à Cryptotermes qui est un termite de bois sec que l’on retrouve dans les territoires ultra marins et notamment dans l’Océan indien. La présence de cette espèce de termites est connue sur l’île de la Réunion et l’Ile de Mayotte…

La boucle est bouclée, et on devine en analysant ce dossier que les termites ont été importés, probablement dans du mobilier ou dans un objet en bois, rapporté de Mayotte lors d’un retour en métropole des propriétaires.

Quels bois ont été dégradés dans le cadre de cette infestation ?

Là où c’est « intéressant » c’est que tous les bois en œuvre ne sont pas dégradés.

Les pièces de bois en peuplier sont les plus attaquées (entrait sous le parquet en châtaigner, poinçon, contrefiche, arbalétrier et pannes).

Des échantignoles en chêne voient leur aubier également dégradé par les Cryptotermes.

Le parquet en châtaigner, les solives en douglas sont exemptes de dégradations.

Conclusion

Au cours de cette mission d’état parasitaire, la connaissance de l’opérateur du Réseau XYLODIAG a permis d’identifier avec précision l’agent de dégradation biologique du bois ayant infesté l’habitation. Les échanges avec le client et l’analyse du contexte permettent de comprendre l’origine de cette infestation.

Un traitement curatif des bois a été réalisé par une entreprise qualifiée ; A cette occasion, de nombreux bois de charpente ont été remplacés. La dépose de l’ensemble du plafond a permis d’accéder à l’ensemble des bois de charpente pour y réaliser les opérations de buchage, sondage, dépoussiérage avant application du traitement par injections et pulvérisations (comme c’est le cas pour les Insectes à Larves Xylophages).

NOTA : La totalité des photos présentées dans cet article ont été prises sur site ou suite à des prélèvements.