15 avril 2026

Mérule en France : état des lieux 2024-2025

Mérule en France : état des lieux 2024-2025

La mérule en France : un champignon lignivore en progression !

3312
Cas recensés au total

93
Départements infestés

1900
Communes concernés

+20,4%
Hausse 2024 → 2025

3312
Cas recensés au total

93
Départements infestés

1900
Communes concernés

+20,4%
Hausse 2024 → 2025

La mérule (Serpula sp) est un champignon dévastateur qui s’attaque aux structures en bois des bâtiments. Ses dégâts structurels, souvent invisibles dans un premier temps, peuvent compromettre la solidité d’un logement en quelques années. Face à l’ampleur du phénomène, les diagnostics mérule se multiplient sur l’ensemble du territoire français.

Les données des cas de mérules identifiés en 2024 et 2025 par trois laboratoires (Cabinet Martinet, Fongilab & SEMHV) permettent de dresser un tableau précis et préoccupant : 3312 cas de mérule sont ainsi recensés sur 1900 communes réparties dans 93 départements métropolitains sur 95. Ces chiffres témoignent d’une progression nette de +20,4 % entre 2024 et 2025, confirmant la tendance à l’expansion de ce champignon du bâti. Pour autant, ces statistiques ne sont issues des données compilées que de 3 laboratoires et sont de facto non exhaustives. Ainsi, la réalité est assurément plus significative que celle que nous vous présentons au travers de cet article.

Analyse nationale : 3312 cas en deux ans, une hausse de 20 %

1503
Cas en 2024

1809
Cas en 2025

Sur les deux années d’observation, le territoire métropolitain enregistre 3312 cas de mérule, touchant 1900 communes distinctes dans 93 des 95 départements métropolitains. La progression entre 2024 (1503 cas) et 2025 (1809 cas) représente une hausse de +20,4 %, soit plus d’un cas supplémentaire sur cinq en l’espace d’un an.

Seuls les Alpes-de-Haute-Provence (04) et le Gard (30) n’enregistrent aucun cas détecté sur la période étudiée, ce qui témoigne de la quasi-universalité du phénomène sur le territoire métropolitain. Certains départements connaissent des hausses spectaculaires : l’Ille-et-Vilaine affiche +108 %, le Pas-de-Calais +49 %, le Haut-Rhin +39 %.

Les 10 départements les plus touchés par la mérule

Le tableau suivant recense les dix départements enregistrant le plus grand nombre de cas sur la période 2024-2025, avec le nombre de communes concernées et l’évolution annuelle.

# Département Nombre de cas recensés Nombre de communes concernées Évolution 2024→2025
1 Nord (59) 272 114 +32 %
2 Seine-Maritime (76) 207 78 -10 %
3 Pas-de-Calais (62) 172 80 +49 %
4 Vosges (88) 167 81 -4 %
5 Haut-Rhin (68) 134 73 +39 %
6 Somme (80) 105 59 +23 %
7 Bas-Rhin (67) 103 68 -6 %
8 Puy-de-Dôme (63) 82 51 -18 %
9 Loire-Atlantique (44) 77 35 -3 %
10 Ille-et-Vilaine (35) 74 31 +108 %

Répartition géographique par région : le Nord en première ligne !

L’analyse par grande région révèle une concentration très marquée des infestations dans la moitié nord et nord-est du pays, cohérente avec les facteurs climatiques favorables : humidité, bâti ancien, et températures fraîches.

Région Cas Dpts concernés Part du total Tendance
Hauts-de-France 619 5 18,7 % En hausse
Grand Est 557 10 16,8 % Stable
Normandie 438 5 13,2 % En hausse
Auvergne-Rhône-Alpes 410 12 12,4 % En hausse
Nouvelle-Aquitaine 325 12 9,8 % Stable
Bretagne 227 4 6,9 % En hausse
Pays de la Loire 172 5 5,2 % Stable
Bourgogne-Franche-Comté 154 8 4,6 % Stable
Occitanie 153 11 4,6 % Stable
Île-de-France 133 8 4,0 % Stable
Centre-Val de Loire 87 6 2,6 % Stable
PACA & Corse 29 5 0,9 % Faible

Hauts-de-France : la région la plus touchée (619 cas, 18,7 %)

Les Hauts-de-France concentrent 18,7 % des cas nationaux avec 619 signalements. Le Nord (272 cas) et le Pas-de-Calais (172 cas) en sont les principaux foyers. Le Pas-de-Calais affiche une hausse de +49 % entre 2024 et 2025, signalant une accélération préoccupante. Cette surreprésentation s’explique par la densité du bâti industriel et ouvrier du XIXe siècle, très exposé aux infiltrations d’humidité. Il convient de noter l’absence d’arrêté préfectoral dans le département du nord qui fait pourtant parmi des plus impactés !

Grand Est : 557 cas portés par l'Alsace et les Vosges

Le Grand Est totalise 557 cas, porté essentiellement par les Vosges (167 cas), le Haut-Rhin (134 cas) et le Bas-Rhin (103 cas). L’Alsace cumule ainsi 237 cas. Le bâti alsacien, avec ses maisons à colombages et caves humides, présente une exposition particulière à ce champignon. Le Haut-Rhin enregistre une progression de +39 %.

Normandie : 438 cas, une progression portée par le Calvados et l'Eure

La Normandie enregistre 438 cas. Si la Seine-Maritime (207 cas) marque une légère baisse (-10 %), le Calvados progresse de +48 % (57 cas) et l’Eure de +30 % (69 cas). L’Orne affiche la plus forte hausse normande avec +87 % (43 cas).

Auvergne-Rhône-Alpes : 410 cas, une région à surveiller

Auvergne-Rhône-Alpes se hisse à la 4e place avec 410 cas répartis sur 12 départements. Le Puy-de-Dôme reste le foyer principal (82 cas), suivi par la Loire (50 cas) et la Haute-Loire (49 cas). La région confirme que la mérule ne se cantonne pas aux zones côtières ou nordistes.

Comprendre la progression de la mérule : facteurs favorisants

La progression observée entre 2024 et 2025 s’explique par plusieurs facteurs structurels et climatiques :

  • L’intensification des diagnostics contribue à une meilleure détection et donc une hausse apparente des cas signalés.
  • Le changement climatique : des hivers plus doux et des étés plus humides créent des conditions favorables, y compris dans des régions jusqu’alors peu touchées.
  • Le vieillissement du parc immobilier : des millions de logements construits avant 1948 présentent des défauts d’étanchéité ou de ventilation favorables à l’humidité.
  • Les travaux de rénovation énergétique : une isolation mal réalisée peut piéger l’humidité dans les structures en bois et créer les conditions idéales pour la mérule, tout comme l’utilisation de matériaux biosourcés à base de bois.

Conclusion : une vigilance renforcée est souhaitable !

Avec 3312 cas recensés dans 95 départements et une progression de +20,4 % entre 2024 et 2025, la mérule s’impose comme un enjeu patrimonial majeur. Les régions Hauts-de-France, Grand Est et Normandie concentrent près de 49 % des signalements, mais 95 départements sont désormais concernés, signe que le phénomène ne connaît plus de frontière géographique.

Nous remercions les laboratoires Cabinet Martinet, Fongilab, SEMHV pour la transmission de leurs données compilées qui ont permis l’élaboration de la Carte d’infestation des cas de Mérule par département

SEMHV-logo